La déportation en France
Avec l'armistice de juin 1940, la France entre dans la sphère du Reich. Les prémices de la déportation sont mises en place par Vichy avant la demande allemande. Dès 1940, deux lois, « portant statut des juifs », excluent les Juifs de la fonction publique et de certaines professions libérales et prévoient que « les ressortissants étrangers de race juive (.) pourront être internés dans des camps spéciaux ». En mars 1941, un Commissariat général aux questions juives est créé et met en place l' « aryanisation » des biens juifs. En zone Nord, occupée, les juifs doivent porter une étoile jaune dans les lieux publics. Dans les deux zones, tous les juifs sont recensés. La communauté juive vivant en France se composait, en juin 1940, d'environ 350 000 personnes, dont la moitié étaient étrangères.
Le camp de Drancy, « haut lieu » de la déportation est ouvert en août 1941 pour y interner d'abord les juifs étrangers destinés à la déportation, afin de les remettre aux autorités allemandes. Le 27 mars 1942, le premier convoi de déportation, organisé par les Allemands, quitte Drancy avec 1 100 personnes en direction d'Auschwitz. La déportation se poursuit avec les rafles du Vél d'Hiv et celles de la zone Sud. Au total, 76 000 juifs de France, dont 11.000 enfants, sont morts en déportation et 3 % d'entre eux seulement sont revenus des camps.
Le camp de Natzwiller-Struthof est le seul camp de déportation et de concentration que les Allemands aient installé. Ce lieu de déportation est situé en Alsace, alors annexée. Le Struthof a vu défiler 46 000 personnes envoyées en déportation : 22 000 décéderont.
Le camp de Drancy, d'où s'ébranlèrent 67 convois, servait souvent de transit vers Auschwitz. Drancy est alors surnommé "l'antichambre de la mort". Le dernier convoi de déportation part le 17 août 1944.
La déportation « politique »
Le décret "Nuit et Brouillard"du 7 décembre 1941, vise la Résistance et l'opposition politique. Il autorise la déportation en Allemagne de toute personne présumée coupable de crimes contre le Reich ou contre les territoires d'occupation.
85 000 personnes sont parties en déportation de France, dont 10 % de femmes. Résistants, activistes politiques, otages, tziganes, sur 85 000 déportés « politiques », 60 % en sont revenus vivants à la Libération.
Infos : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr
Le système Concentrationnaire
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| MINDEF/SGA/DMPA Daniel Fleury Pierre Hervet 7/11/2002 |
Infos : http://www.cheminsdememoire.gouv.fr
Symboliser la haine
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- d'une part, les " déportés résistants et politiques " ,termes désignant, s'agissant de déportés politiques français, les gaullistes, les communistes et autres, accusés par le gouvernement de Vichy de se livrer à des activités qualifiées d'" antinationales " -et d'autre part, les " déportés raciaux ", c'est à dire les Juifs et les Tziganes. Pour distinguer ces différentes catégories de déportés, tous soumis au même régime, on leur cousait un triangle en tissu sur leurs vêtements rayés : Triangle rouge pour les " Politiques ", porté par les opposants au nazisme, puis par tous les résistants d'Europe ; |
Petite histoire de la déportation homosexuelle
Les nazis ont mené dès 1933 une politique discriminatoire à l’encontre des homosexuels. Elle s’est accentuée à partir de la Nuit des Longs couteaux en 1934 car Hitler désirait laver le parti nazi des accusations d’homosexualité nées du chef des S.A. Ernst Röhm, lui-même homosexuel.
En 1935 – année des lois de Nuremberg – les nazis révisent le paragraphe 175 du Code pénal allemand. Depuis la fin du XIXe siècle, cette loi condamnait l’homosexualité en tant qu’atteinte aux bonnes mœurs, mais, dans les faits, la loi n’était plus guère appliquée dans les années 1920 comme l’indique le très grand nombre d’associations et d’établissements homosexuels en Allemagne à cette époque. La nouvelle version de la loi condamne plus fermement les homosexuels. Surtout, les nazis condamnent désormais les homosexuels, non pour leurs mœurs, mais car ils représentent une menace pour la race car ils ne sont pas reproducteurs. La politique homophobe nazie est donc bien une vraie politique raciale, et non une politique moralisatrice. Ce point a son importance.
La chasse aux homosexuels est engagée. Les associations et établissements homosexuels sont fermés dès 1933 et la Gestapo ou la police utilisent les fichiers homosexuels pour multiplier les arrestations. Les études – qui doivent encore être préciser – estiment le nombre de victimes à 75.000 environ. 10 à 15.000 homosexuels ont été envoyés dans les camps de concentration nazis, tandis que 50.000 à 63.000 autres étaient internés en prison.
Dans les camps, les homosexuels n’étaient pas destinés à l’extermination (qui ne concernait que les juifs et les tziganes). Ils devaient subir une rééducation forcée par le travail. Des expériences « médicales » furent menées sur nombre d’entre eux, allant de la lobotomie aux injections hormonales. Les hommes portaient le triangle rose, les femmes (moins nombreuses) le triangle noir. L’insigne des homosexuels masculins était souvent plus grand que celui des autres détenus afin que les S.S., mais aussi les kapos et les détenus puissent plus aisément les repérer.
Dans de telles conditions, les déportés homosexuels étaient des victimes de choix, placées au plus bas de la hiérarchie des camps. La preuve en est leur taux très élevé de mortalité : 60% des homosexuels sont morts dans les camps, victimes des tortures, des brimades, de la faim, du travail harassant. A l’exception des tziganes et des juifs (destinés à la chambre à gaz), c’est le plus fort taux de mortalité dans les camps.
En ce qui concerne la France, la Fondation pour la Mémoire de la Déportation – association reconnue d’utilité publique placée sous la haut-patronage du Président de la République – a déjà dénombré 210 déportés pour homosexualité. Tous l’ont été depuis les territoires annexés l’Alsace et Moselle, ce qui souligne la logique raciale et non morale de la politique nazie. Les nazis n’ont pas déporté les homosexuels d’Europe mais uniquement ceux du Grand Reich, y compris les territoires français annexés. Ce nombre de 210 reste en deçà de la réalité car les historiens de la Fondation n’ont consulté qu’une part minime des archives.
Infos : http://deportation-homosexuelle.org

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